ACTUALITÉ

 

Depuis juillet 2023, un nouveau livre est en écriture : LE SANG QUI COULE DANS MES VEINES

 

Je propose par ailleurs mes services de
RELECTRICE - CORRECTRICE : Manuscrits, textes divers, sites, travaux d'étudiants...

Tous détails ici : 

Service de Relecture/Correction - Myriam Buscema (jimdo.com)

A défaut des Foires du Livre à Tournai, Bruxelles, annulées ou reportées pour cause de Covid, j’ai eu le plaisir d’être interviewée le 10 février 2022 par Marie-Jeanne Cara pour TV WALLONIE, au sujet de mon livre LES FRUITS DE LA SOLITUDE.
A Découvrir sur :

https://youtu.be/iS9VXnIwRMg

 

  

Vidéo réalisée à propos de "Les Fruits de la solitude" dans le cadre du Salon du Livre tout proche 2020 https://www.facebook.com/1580300442264756/videos/822655258567980

 

 

 

 Découvrez l'interview publié dans BRUXELLES CULTURE le 05/07/2020 dans l'onglet PRESSE

 

Mise à l’honneur pour mon œuvre littéraire  par la Commune d’Incourt où j'habite, lors de la
Cérémonie des vœux 2019 :

Lire l’article paru dans Vers l’Avenir le 29.01.2019 à ce propos :
https://www.lavenir.net/cnt/dmf20190127_01287188/des-riverains-mis-a-l-honneur

 

 

JE N’AI PAS DONNÉ LA VIE

JE N’AI PAS DONNÉ LA VIE

Éditions Dricot, 2011


 

Ce n’est pas le récit d’un manque d’enfant.

 

Ce n’est pas une douleur qui s’épanche, qui s’expulse.

 

C’est l’histoire d’un hiatus de vie, d’un incident de parcours : l’infertilité, et du secret qui entoure ses origines. Des implications de l’une et de l’autre dans ma vie, jusqu’à la transcendance : ce que j’ai mis en place, créé, inventé, pour rebondir avec une énergie de vie qui traverse tout. Comment j’ai saisi la chance d’une telle liberté, d’une telle page blanche où l’on peut tout écrire, comment j’ai transformé l’absence en envie de transmettre, en goût de vivre.

 

C’est le partage d’une expérience de vie, pour susciter la rencontre de soi avec soi-même : ne pas laisser le destin écrire son histoire à sa place et mettre à profit l’immense potentiel d’espace à soi dont on peut faire ce que l’on veut, du plomb ou de l’or.

 

 

 

Extraits

 

            Il faudra bien que je dénoue jusqu’en son centre cet écheveau de fils douloureux qui revient obstinément me serrer la gorge.

Il faut que je témoigne, que je dise cet état étrange de ne pas être mère et d’avoir pourtant accouché d’autres vies.

            Ce n’est pas une écorchure. Ce n’est pas à vif.

            C’est éparpillé en moi un peu partout, un peu dans tout.

            Ce n’est pas amer.

            Besoin de dire comment j’ai transformé en force le manque qui aurait pu me tarir. Et les compensations à ce trop-plein d’amour qui doit trouver son exutoire.

Comment, de ce creuset où se mêlent des sentiments contradictoires, s’épure la vie.

 

 

……………

 

 

 

             « Vous avez des enfants ? » Je réponds « non » et je sens une gêne, un malaise. Rares sont ceux qui se risquent à me demander pourquoi. Si j’ajoute que je n’ai pu en avoir, la plupart ne savent que dire.

            Des amis proches n’ont pas osé m’annoncer la naissance de leur deuxième fils !

            J’écris sur un sujet tabou.         

            De nombreux couples décident délibérément de ne pas avoir d’enfants. N’ont-ils pas l’air suspect ? Ce choix pourtant est aussi légitime que respectable. Mais « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » a la vie dure. Dans nos sociétés a cours une image forte et prégnante de la famille, qui met les gens comme moi au ban de la norme sociétale. Quelle que soit la raison de leur choix, ou de leur non-choix.

            Pour ne pas générer de malaise lorsque les autres sont confrontés à ma réalité, je minimise ce qui m’est arrivé, pour ne pas les gêner. Mais sans doute n’est-ce pas juste. Aussi rectifié-je ma position en écrivant ce récit, pour rétablir la réalité qui est la mienne. Sans concession, sans l’édulcorer et à sa juste place : pas de pitié inutile. Je veux exprimer ce manque non comme une douleur mais pour l’objectiver. Si je me livre aujourd’hui, c’est pour témoigner : on peut vivre son infertilité, on peut vivre sans enfants et, en usant de créativité, donner la vie.

 

……………

 

 

            Si j’ai pu me raconter, j’éprouve beaucoup de pudeur par rapport à mon histoire. Je peux vous la dire à l’oreille, partager ce que j’ai vécu sur le ton de la confidence, dans le secret de l’écriture et la justesse des mots, choisis, pesés, mesurés. Je veux, simplement, témoigner. Et susciter, à travers mon récit, la rencontre de soi avec soi-même, montrer une voie. Il y en a cent, toutes différentes, toutes valables.

            Si j’avais pu choisir mes parents, j’en aurais préféré d’autres.

            La donne de ma vie eût été toute différente si, en rembobinant le film de ma vie jusqu’à l’enfance, j’avais pu couper le « petit incident » qui a tout changé, tout aurait été distribué d’une autre façon. Mais je ne regrette rien : si les chemins de ma vie eussent été autres, je ne serais pas celle que je suis devenue. Les épreuves que j’ai traversées m’ont construite telle que je suis, avec ma force et ma sensibilité à fleur de peau capable de me faire souffrir « trop »,  dans mon cœur et dans ma chair, comme de me faire jouir de toute chose avec la même acuité. Je ne serais pas cette fille et cette femme des extrêmes – excessive, critiquait mon père – si je n’avais pas vécu ce que j’ai vécu. Ce qui m’est donné, je le vis passionnément et je préfère mille fois cela au sort des gens qui végètent et se contentent d’une petite vie. Vivre petit ne rend pas service au monde.

            L’enfant qui aurait été digne de ma confiance, innocent, spontané, que j’aurais pu aimer, protéger, je ne l’ai pas eu. En échange, j’ai eu la liberté. La liberté, précieuse, d’aller et de venir, de créer, d’être disponible à moi-même et aux autres.

Si je suis privée des joies d’un enfant, les soucis m’en sont épargnés. Et j’imagine que doit être omniprésente la responsabilité de sa sécurité, de son apprentissage, de son bien-être, de son bonheur.

            Je me sens légère de ne pas devoir les porter.

            Mais j’ai besoin d’écrire, de laisser une trace à travers mes livres, de me prolonger, à défaut d’avoir pu transmettre par mes gènes ce qui me caractérise. Besoin de laisser mon empreinte, faute de pouvoir la transférer dans la vie d’un autre être qui aurait été un peu moi.

 

 

 

Ce que la presse en a dit

 

Myriam Buscema est d’origine italienne et s’est trouvé un moyen d’expression dans la littérature. Avec Je n’ai pas donné la vie, elle nous raconte l’histoire d’un incident de parcours. A savoir, l’infertilité et les implications de celle-ci dans la vie d’une femme actuelle. Elle partage ici une expérience allant à la rencontre de soi et des autres. Dès les premières pages, on se sent happé par le ton vrai de l’écriture. On retient également une leçon de ces pages courageuses : ne pas laisser le destin écrire l’histoire à ma place. Tout simplement beau !

 

                                                                       Anny Dimelow, Bruxelles News, avril 2011